L'esseulée interdépendante

Parce qu'il m'arrive encore de sortir toute seule et d'aimer cela, même si j'aime toujours aussi follement mon chum et mon fils...

Il reste une place à ce mastroquet tout gentillet, juste sur le bord de la porte-fenêtre dans laquelle un matin d’hiver parvient de peine et de misère à filtrer. Cette table toute exigüe, toute tassée dans son coin, elle est au doigt et à l’oeil pour moi.  Pourquoi?  Parce qu’elle me fait penser à moi en ce moment, voilà tout!


«Être en exil tout en se tenant attenante...»

De tous côtés de moi, je veux du monde. Mais quelquefois, je ne le veux pas trop adjacent. C’est comme lorsque je vais au cinéma et que je m’y rends en tête à tête avec moi-même : j’aime aller voir de temps en temps un film en solitaire, sans être accompagnée, parce que je n’ai pas envie de lotir ces quelques heures en vie personnelle avec autrui. Dans ces conditions, vous allez me dire de rester chez moi et de me louer un bon film, nonobstant, je privilégie le grand écran au confort du magnétoscope, parce que aussi étrange que cela puisse vous paraître, je me plais à m’entourer de gens.


Ai désir de les ouïr soupirer, s’égayer, couiner et s’empiffrer de pop corn; ai juste parfois moins appétence de m’associer à plus qu’à un partage des lieux avec eux, comme en cet instant précis alors que je suis assise commodément dans un p’tit coin de ce mastroquet en train de boire du jus de fruits et de me traquer la raison à vous ponctuer ceci en solitaire !

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